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Le No Gender ou la mode unisexe

Cette année les élèves de Bachelor ont pour thème commun à tous leurs projets de fin d’année le « No Gender ». Ainsi, les B1 organisent un défilé de mode, les B2 éditent un magazine de mode. Pour finir, les B3 auront à créer et tenir un pop up store. Les élèves pourront donc laisser parler leur créativité et réinterpréter le « No Gender », ou la mode unisexe. Cet affranchissement des genres peut d’ailleurs s’exprimer de plusieurs façons…

No Gender : L’Androgyne

L’androgyne est une figure qui a toujours existé, elle remonte à l’Antiquité comme l’atteste le mythe platonicien du Banquet d’Aristophane. Selon les époques, les personnes androgynes étaient tantôt adulées et désirées ou bien rejetées. Parfois même mises à mort car signe de la colère des Dieux comme chez les Romains.

Durant le XXème siècle, des créateurs de mode comme Chanel, Yves Saint Laurent et Jean-Paul Gaultier commencent à créer les bases de ce qui sera le vestiaire androgyne. Notamment, en habillant les hommes en jupe et les femmes en smoking. Cette première approche de la remise en question des « costumes » attribués aux femmes et aux hommes permet de remettre en question certains principes de la société. Cependant, cette remise en question reste tout de même limitée. Principalement mise en oeuvre en incorporant des éléments masculins à une garde-robe féminine et plus rarement l’inverse, cette androgynie ne sort pas du cadre de la binarité homme/femme.

« La mode unisexe est avant tout une recherche d’équilibre entre les formes et les lignes »

De plus en plus de créateurs tentent de s’extraire de cette binarité et s’inscrivent donc dans une mode plus fluide. Cette mode navigue entre les genres empruntant tour à tour des pièces et des coupes aux vestiaires féminin et masculin. Le but étant de sortir du stéréotype de la mode androgyne.

Il y a par exemple le designer japonais Masayuki INO. Il s’inspire du Levi’s 501, jean mythique à la coupe droite et androgyne, pour créer les vêtements de son label Doublet. La particularité de ce jean est qu’il a été créé pour mettre en valeur les corps féminins et les corps masculins sans effacer leurs formes. Pour les créatrices du label 1.61, Aimee CHO et Kimberley WESSON, la mode unisexe est avant tout une recherche d’équilibre entre les formes et les lignes. D’ailleurs, WESSON expliqua que le nom de leur label était une référence au modulor (mot-valise composé de « module » et de « nombre d’or » ) système de mesure à échelle humaine créé par l’architecte et urbaniste Le Corbusier censé être la « proportion divine ».

Il est évident que la notion de mode unisexe est un sujet de réflexion perpétuel. Nous n’avons donc pas fini de voir des créateurs tenter de réinterpréter le No Gender…

Shanon Charléry, Rédactrice pour l’EIDM Monthly –Bachelor 2ème année Fashion Business