Interview : EIDM x PAULETTE MAGAZINE

L’École Internationale de Mode et Luxe poursuit ses EIDM Guest Live sur Instagram… Ce jeudi 28 mai nous avons eu l’honneur d’interviewer Margaux Rouche.

Margaux est rédactrice en chef des plateformes digitales chez Paulette Magazine et intervenante à l’EIDM. Média indépendant et collaboratif lancé en 2009, Paulette se décline et excelle sur les réseaux sociaux : le city guide est à explorer via @paulette_map, les émissions TV à suivre sur @cliquetv (Canal+) et les podcasts sur @paulette_talks, les coups de cœur mode et beauté sont dévoilés sur @paulettecrush et enfin, les initiatives solidaires sont à découvrir sur la page @acoeur.asso. Magazine engagé, plateforme créative et média participatif, Paulette entretient une stratégie digitale reconnue et remarquable. Margaux Rouche nous rapporte alors ses missions au sein de Paulette et nous confie son approche sur la Stratégie Mode et Média dispensée à l’EIDM.

Paulette Magazine : Interview de la rédactrice en chef des plateformes digitales

Comment a commencé votre aventure chez Paulette ?

Déjà fan de Paulette il y a 10 ans, j’ai écrit mes premiers articles pour Paulette en tant que bénévole et cela a confirmé ma volonté de rejoindre un média indépendant. Lorsque l’on sort d’une école de journalisme et que l’on souhaite s’orienter vers des thématiques Mode et Lifestyle, on nous apprend à être hyper polyvalent et on est obligés de savoir s’adapter au digital. À l’époque, les réseaux sociaux étaient encore naissants, on nous parlait uniquement de presse écrite et de référencement Google. Le milieu de la presse n’est pas facile à intégrer, surtout pour notre génération qui est arrivée au moment où le digital a explosé. On arrive dans une industrie en pleine mutation…

J’ai fait pas mal de stages dont AuFeminin.com qui est un pure player. Cela m’a marquée car c’était une vraie école, une vraie formation sur la presse de demain. Certes cela reste un média de masse, le manque d’indépendance et de liberté m’ennuyait car les gros groupes de presse sont forcément dictés par les chiffres, l’audience et les annonceurs … mais j’ai pu développer une curiosité du digital, un fonctionnement et un mode de pensée tournés vers le digital et les innovations qui allaient faire la presse et le monde de demain.

Mode et média : l’évolution de la publicité

La publicité a évolué en dérivant vers un nouveau modèle qui me passionne davantage : le brand content. « Comment inviter une marque auprès de son média pour qu’elle soit représentée sans épuiser le lecteur, que cela soit honnête, sans être un publi-communiqué et sans berner le lecteur… ? ». Il faut alors satisfaire son audience, faire plaisir à sa cible, rentrer du chiffre et éduquer les marques sur l’énorme valeur ajoutée apportée par les réseaux sociaux, les influenceurs…

Nous chez Paulette, on va faire de la publicité d’une certaine façon, en respectant notre audience, sans décevoir nos lectrices. C’est là où les médias féminins ont beaucoup de difficultés. Aujourd’hui la question c’est « comment je peux réinventer la publicité ? ». Convaincre les marques qu’annoncer auprès d’Instagram fait sens est un des gros enjeux de la presse actuellement.

« comment je peux réinventer la publicité ? »

Paulette magazine au quotidien, ça fonctionne comment ?

Paulette est un média collaboratif fondé il y a plus de 10 ans par Irène OLSZAK. C’est une « family » et donc des missions multiples et variées pour notre petite équipe. C’est un mode de fonctionnement qui n’a rien à voir avec la plupart des médias : on s’entraide, on communique beaucoup… Paulette au quotidien c’est un média print, un site web, une plateforme sociale, une agence car on s’active aussi en tant que marque blanche. Paulette c’est également des événements avec nos partenaires (Pop-up store à New-York, à Paris, des TV shows sur Clique TV, des débats et podcasts sur @paulette_talks…).

Et vos missions chez Paulette ?

Je pilote le site Paulette et les opérations brand content associées – souvent liées à la Mode. Mes missions au quotidien sont donc variées ; ce sont donc des RP, du branding, de la veille digitale pour prévoir ce qui va arriver, pour tester des nouveaux leviers, de nouveaux outils, de nouvelles stratégies pour séduire et communiquer avec les marques, les partenaires… puis c’est aussi le côté purement éditorial : « qu’est-ce que Paulette se doit de publier, transmettre sur notre site ». 

Paulette Magazine : le média « Inspiré – Inspirant »

Paulette est un magazine féminin mais très éclectique, comment déterminez-vous les sujets abordés ?

Il faut que ce soit « Inspiré – Inspirant » et « Popu – Pointu » ! On cherche à proposer du contenu qui ressemble à notre communauté. On est souvent catégorisé comme féministe… la cause féminine nous rassemble, mais c’est plus que ça ! Paulette est un média indépendant qui s’adapte complétement à ce dont notre société a besoin aujourd’hui. On a des prises de parole sur des sujets qui nous tiennent à cœur, on traite aussi bien des sujets positifs que des thèmes qui nous révoltent.

Paulette est très proche de sa cible… Comment définiriez-vous la cible Paulette ?

Cette proximité est le résultat de beaucoup de travail, grâce aux social media managers qui sont derrière et qui échangent au quotidien avec les lectrices.

La cible Paulette ? C’est une cible 18-35 ans, parfois plus mature. Ce sont des hommes et des femmes qui vivent dans une société perturbée, qui ont besoin d’être rassurés, de s’occuper, qui ont envie de parler société, de jeunes créations, qui veulent voir l’actualité de Nike, Chanel mais qui ont aussi envie de baigner dans la jeune création. C’est une cible qui peut savourer du mainstream mais qui aime bien s’inspirer des bons plans, des bonnes adresses et de bons conseils…

Instagram : un vivier de réussite

Paulette détient une belle communauté sur Instagram. Selon vous, qu’est-ce qui fait la force de ce réseau ?

Le digital a permis de multiplier les canaux de diffusion. Instagram a permis à des marques de se faire connaître ou à des jeunes d’entamer un business plan. Il y a cette portée organique communautaire superbe pour les artistes et jeunes créateurs qui ont un message à faire passer.

Pour les médias, et notamment Paulette, Instagram une nouvelle plateforme de partage d’informations qui demande beaucoup de temps, de la stratégie, de la veille…  Instagram est une source d’information, une source de revenu mais aussi une ode à la créativité : comment intéresser les lecteurs sur cette plateforme ? Pour la mode et la consommation en général, c’est inévitable.

Pourriez-vous nous parler d’une marque qui s’est aussi fait connaître grâce à une stratégie digitale particulière ?

Sézane est bien connu en France et à l’international et compte une belle communauté grâce à sa stratégie bien pensée. La marque Glossier a également explosé en développant un business 100% digital dans le domaine des cosmétiques. Des posts simples et un ton léger déployés sur plusieurs verticales Instagram… la marque dirigée par la célèbre Emily Weiss connaît un véritable succès.

Mode et Média : les enseignements médias à l’EIDM

Pourriez-vous nous donner un aperçu de votre approche sur la stratégie Mode et Média enseignée aux étudiants de 1ère et 3ème année de Bachelor Fashion Communication & Marketing à l’EIDM ?

L’idée est d’exposer une vision moderne et globale de la Mode. En abordant bien sûr la publicité, la presse, la mode qui passent par le numérique et les réseaux sociaux. La mode est un univers en perpétuelle mutation. Cela revient alors à échanger et comprendre les enjeux que peut rencontrer une marque aujourd’hui pour développer son image et les enjeux que nous on va rencontrer. Côté magazine, pour se développer et imaginer des nouveaux contenus en accord avec un Google et les besoins d’une marque. C’est comprendre les nouvelles technologies mis en place et tous ces nouveaux modèles et business qui naissent. Par exemple comment Chiara Ferragni en est arrivée là ? Comment une marque purement digitale a pu naître et connaître aujourd’hui des millions d’abonnés ? Comment une marque peut survivre et séduire toujours de nouveaux consommateurs ? 

Réussissez-vous à mêler la pratique et la théorie dans vos enseignements ?

Bien sûr ça me semble essentiel. Il est difficile de rester concentrer des heures, et d’un point de vue personnel j’ai toujours apprécié la pratique. En l’occurrence nous avons eu l’occasion de visiter des lieux influents dans le secteur de la mode. Par exemple comme Jean-Louis la Nuit, un concept-store-club unique à Paris.

C’est important d’exposer les étudiants à cette industrie, de se voir dans un cadre différent, d’éveiller une curiosité…  Ce sont des moments ludiques mais éducatifs ! 

Un conseil pour vos étudiants passionnés par la mode et les médias ?

Ouvrir son esprit ! Être polyvalent, curieux, faire de la veille… Je dirais que la bienveillance est aussi essentielle dans ce milieu. Il faut bannir les préjugés et privilégier une mode inclusive et non exclusive !

Author

Aurore Grisson