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Comment les créateurs de mode traitent le No Gender?

Nous connaissons tous des créateurs de mode adeptes du No Gender. Parmi eux, Rick Owens, J.W. Anderson, Jean-Paul Gaultier… Des marques plus populaires comme H&M et Zara ont elles aussi créé des lignes « unisexes ». Cela montre bien que le phénomène prend de l’ampleur auprès du grand public. Des créateurs de mode émergents s’emparent de la question.

Comment les créateurs de mode traitent le No Gender?

Doublet, par Masayuki INO

Comment les créateurs de mode traitent-ils le No Gender?

 

Doublet est un label créé par Masayuki INO en 2012. Basé à Tokyo, le designer se plonge dans le vestiaire des années 80-90 en s’inspirant de la culture BMX et skate de sa jeunesse. Son univers a en tout cas su séduire le jury du Prix LVMH qu’il remporte en 2018. Il cite notamment Undercover, Jeremy Scott et Warhol en tant que ses influenceurs et le Levi’s 501 comme sa référence en terme de création de vêtement unisexe. Ainsi, chez Doublet, les coupes sont oversizes, des denims sont recouverts de patchs superposés et les imprimés sont très présents. On y trouve des basics du streetwear comme les t-shirts, les hoodies et les sneakers auxquels INO incorpore des références pop culture.

1.61, par Aimee Cho et de Kimberley Wesson

Comment les créateurs de mode traitent-ils le No Gender?

1.61, le label unisexe d’Aimee Cho et de Kimberley Wesson est né en 2013 à Manhattan. La collection est centrée sur le pantalon, il se doit d’être pratique, versatile et confortable. Cho et Wesson considèrent également leur label comme une réponse à la fast-fashion. Ils mettent ainsi l’accent sur l’artisanat et la durabilité de leurs vêtements réalisés en textiles japonais et italiens. La collection est exclusivement composée de tons neutres et muets ce qui permet à ces créations de rester des basics qui ne passeront pas de mode de si tôt. Au moment de la confection, les créatrices ont engagé des mannequins hommes et femmes pour créer une silhouette qui mette tous les corps en valeur et non pas de les cacher.

One DNA, par Travis Weaver

Comment les créateurs de mode traitent-ils le No Gender?

One DNA, le label indépendant de Travis Weaver crée « des vêtements s’affranchissant des frontières ». Ainsi, il ne met pas l’accent sur le genre du mannequin qui porte le vêtement, mais sur le produit. Non pas pour effacer l’identité en tant que femme ou homme de celle/celui qui porte le vêtement mais avant tout car il ne comprend pas pourquoi il y a une clivante dans les modes féminine et masculine. L’inclusion tant au niveau de l’âge, de la race et de la morphologie est aussi un point important pour Weaver. Ayant travaillé dans le retail de luxe, il remarqua que les clients étaient le plus souvent influencés par leurs insécurités. En effet, se trouvant trop gros pour une certaine coupe de vêtement, trop vieux pour une couleur, etc… La motivation réelle du label est donc de créer des vêtements dans lesquels on se sent bien, sans se sentir contraint par des règles sociétales.

Eckhaus Latta, par Zoe Latta et Mike Eckhaus

Comment les créateurs de mode traitent-ils le No Gender?

Eckhaus Latta est un collectif fondé en 2012 à NY par Zoe Latta et Mike Eckhaus. Les deux créateurs de mode se disent complémentaires,  « Nous prenons appui sur ce que chacun fait le mieux. » révéla Zoe Latta lors d’une interview dans le magazine Numéro « Lui pencherait légèrement du côté “TOC” (trouble obsessionnel compulsif) et moi plutôt du côté “TDA” (trouble déficitaire de l’attention) ». Eckhaus ayant étudié la sculpture, il pense le vêtement en terme de ses trois dimensions. Latta, elle, voit plus le vêtement dans sa globalité. La démarche artistique est un pilier de leur collectif. Leur boutique de Los Angeles est à la fois un atelier et une galerie d’art où ils exposent des oeuvres de leur amis artistes. Un autre des piliers de ces créateurs de mode est l’inclusion. Leurs défilés où hommes et femmes marchent sur le même catwalk, sont toujours un festival d’inclusivité. Leurs mannequins sont de tous âges, de toutes morphologie et  ils vont même jusqu’à faire défiler une mannequin enceinte! Tous peuvent se retrouver dans leurs collections qui s’adressent à tous.

Shanon Charléry, Rédactrice pour l’EIDM Monthly –Bachelor 2ème année Fashion Business