Du Diable s'habille en Prada à Diamants sur canapé, en passant par Saint Laurent ou Falbalas, la mode a longtemps été, et reste encore aujourd'hui, un objet de fascination pour le cinéma.
Quand le 7e art et la mode se rencontrent
Entre créateur et réalisateur, il n'y a qu'un pas : celui de la créativité et de l'imagination. L'histoire du 7e art a été, et demeure encore aujourd'hui, marquée par de nombreuses collaborations avec les univers de la mode et du luxe. On pense notamment aux créations de Balmain sur Brigitte Bardot dans Et Dieu… créa la femme de Roger Vadim, à Grace Jones en Alaïa dans Dangereusement vôtre, à Mila Jovovich en Gaultier dans Le Cinquième Élément, à Jane Fonda en Paco Rabanne dans Barbarella, à Audrey Hepburn en Givenchy dans Diamants sur canapé de Blake Edwards, ou encore à Marlene Dietrich en Dior dans Le Grand Alibi d'Hitchcock. Retour sur quelques classiques de la rencontre entre mode et cinéma.
Diamants sur canapé et Givenchy
500 000 euros : c'est le prix atteint lors d'une vente aux enchères en 2006 par la mythique robe de Holly Golightly dans Diamants sur canapé de Blake Edwards, sorti en 1961. Véritable ode aux univers de la mode et du luxe, avec une garde-robe chic allant des robes de bal aux manteaux, en passant par les couvre-chefs, les escarpins et les bijoux, ce film reste une référence de la collaboration entre le 7e art et la mode. Le maître d'œuvre de cette garde-robe : Hubert de Givenchy.
Coco avant Chanel et Chanel
Inspiré de « L'Irrégulière ou mon itinéraire » d'Edmonde Charles-Roux, Coco avant Chanel d'Anne Fontaine, sorti en 2008, raconte le destin de Coco Chanel, de l'orphelinat où elle a grandi jusqu'à la rue Cambon. Audrey Tautou y incarne le rôle à la perfection, aux côtés d'Étienne Balsan joué par Benoît Poelvoorde.
Le Grand Alibi et Dior
Maître incontesté du suspense, Hitchcock a toujours su sublimer ses personnages. Dans Le Grand Alibi, sorti en 1956, Marlene Dietrich incarne une actrice de théâtre accusée d'un crime, portée par les créations de la maison Dior : ensembles tailleurs cintrés, majestueuses robes de bal en tulle et plumes.
Et Dieu… créa la femme et Balmain
En 1956, le très controversé Et Dieu… créa la femme de Roger Vadim met en scène une Bardot frivole, en quête de soupirants dans les ruelles de la Côte d'Azur. Jupes crayon, cols bateau, robes-chemise en lin : qui mieux que le couturier français Pierre Balmain pour la sublimer ?
Saint Laurent
Dans Saint Laurent de Bertrand Bonello, sorti en 2013, Gaspard Ulliel incarne la vie du mythique couturier français. Génie visionnaire de la haute couture, parfois aux prises avec ses démons, le film retrace sa vie sulfureuse entre 1967 et 1976, entre tourments, génie créatif, muses et amours.
Belle de Jour et Yves Saint Laurent
Pour habiller Catherine Deneuve dans son rôle de bourgeoise au foyer découvrant la prostitution dans Belle de Jour, sorti en 1967, Luis Buñuel choisit l'emblématique Saint Laurent : manteaux et trench coats en laine, cuir ou fourrure, robe à jabot, couvre-chefs… De quoi illustrer la double vie de Séverine Sérizy.
Barbarella et Paco Rabanne
Fiction et aventure sont les maîtres-mots de Roger Vadim dans Barbarella, sorti en 1968. Jane Fonda y incarne l'héroïne chargée de sauver le monde de la folie d'un scientifique mal intentionné, alternant crop tops métalliques, combinaisons cloutées et cuissardes, dans une garde-robe entièrement signée Paco Rabanne.
American Gigolo et Giorgio Armani
Paul Schrader met en scène en 1980, dans American Gigolo, la vie trepidante de Julian Kaye, joué par Richard Gere. Pour incarner cette posture, le réalisateur fait appel au créateur italien Armani et à ses costumes tirés du chic à l'italienne – une collaboration qui marquera le début de nombreuses autres pour Armani, dont les costumes seront ensuite repérés dans Le Loup de Wall Street ou The Dark Knight.
Le Couturier de ces dames et Pierre Cardin
Dans la comédie Le Couturier de ces dames, sortie en 1956, Jean Boyer raconte le rêve d'un simple coupeur devenu propriétaire de sa maison de couture suite à un héritage. Coureur de jupons, Fernand Vignard, incarné par Fernandel, nous plonge dans les coulisses cocasses de sa vie entre son épouse jalouse et les mannequins sublimées en Cardin.
Dangereusement vôtre et Alaïa
Avec Dangereusement vôtre, sorti en 1985, John Glen signe un succès. Audace et puissance caractérisent la James Bond girl Grace Jones, alias May Day, dont la garde-robe oscille entre blazers à rayures et vêtements près du corps signés Alaïa. La leçon mode mythique du film reste l'indétrônable robe à capuche, fièrement portée par Grace Jones et devenue une signature d'Azzedine Alaïa.
Le Cinquième Élément et Jean Paul Gaultier
Entre science-fiction et Jean Paul Gaultier, il n'y a qu'un pas, comme en témoigne Le Cinquième Élément de Luc Besson, sorti en 1997. Du costume de Gary Oldman à la veste en caoutchouc de Bruce Willis, en passant par le body de Milla Jovovich ou le top de Chris Tucker, la garde-robe signée Gaultier nous plonge dans cet univers fantastique caractéristique du réalisateur.
Falbalas
Dans son mélodrame Falbalas, sorti en 1944, Jacques Becker propose une immersion dans les coulisses d'une tragedie made in haute couture. Un séducteur invetéré s'y retrouve pris à son propre piège après avoir tenté de séduire la fiancée de son ami, entre génie créatif, passion et bientôt folie – un véritable chef-d'œuvre cousu main.
Le Diable s'habille en Prada
Impossible de conclure ce tour d'horizon sans évoquer ce chef-d'œuvre. Ode aux fashionistas et aux univers de la mode et du luxe, Le Diable s'habille en Prada de David Frankel, sorti en 2006, retrace le parcours d'une apprentie journaliste, Andréa Sachs, lors de ses premiers pas au sein d'un magazine de mode prestigieux dirigé d'une main de maître par Miranda Priestly, incarnée par Meryl Streep. De Chanel à Marc Jacobs, en passant par Galliano, Calvin Klein ou le joaillier Fred Leighton, le film offre un véritable défilé de maisons de mode et de luxe.
Pour (re)découvrir certains de ces classiques mêlant mode et cinéma, rendez-vous à la Cinémathèque de Paris du 31 août au 22 septembre 2023 pour un voyage au cœur du 7e art, en écho à l'exposition CinéMode consacrée à Jean Paul Gaultier en 2021.
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